Il est souvent facile de décréter des choses, de prendre pour acquis des éléments qui ne le sont pas, en particulier dans le domaine du cinéma. Dire que Samuel Le Bihan est le plus mauvais acteur que la terre ai porté est bien aisé, et même si le bonhomme n’a pas encore trouvé la force de démentir cela, laissons lui une chance, ou même plusieurs… Quoi qu’il en soit, la beauté du cinéma réside souvent là où on ne l’attend pas et c’est d’ailleurs ce qui lui confère cet éclat si particulier et unique, parce qu’il brille au dernier endroit où l’on croirait qu’il se cacherait. Du romantisme cru et violent de Punch Drunk Love de P.T. Anderson où les accès de violence d’un incroyablement sensible Adam Sandler deviennent des déclarations d’amour à la poésie décalée et naïve de la conclusion du Bernie de Dupontel, la beauté cinématographique tient son charme dans sa capacité à se loger là où elle n’a rien à faire. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que je continue à aller au cinéma aussi souvent et à me bouffer 3 ou 4 DVD par jour, certains que j’ai tellement visionné qu’aucun plan, aucun mouvement de caméra ne me surprend plus et pourtant, c’est parfois après la vingtième vision que le moment de grâce d’un film de dévoile réellement, se dégage du lot et illumine tout le reste – j’ai par exemple mis très longtemps avant de comprendre que celui de la 25eme heure de Spike Lee, film grandement sous-estimé sur lequel je reviendrais un autre jour, n’étais pas le joussif Fuck You monologue mais le plan de Anna Paquin au ralenti quand elle déambule dans la boite de nuit au ralenti…ça me donne envie de le revoir.
Mais là n’est pas le cœur du sujet du jour, je voulais par cette introduction rappeler que le seul moyen de réellement apprécier un film est d’aller le voir avec l’esprit le plus ouvert possible, pour se laisser surprendre, garder cette innocence toute enfantine et se laisser manipuler par les images. Hier donc, je suis allé au cinéma avec une très bonne amie dont la boulimie cinéphile provoque chez moi sérieux complexes et me font douter quant à mon implication dans ma passion, elle fréquente en effet les salles obscures avec la même fréquence que alcoolique fréquente les bars, et ce n’est pas une expression. Me voilà donc avec elle pour voir un film dont la bande annonce m’avait intrigué mais dont je ne savais rien, Brothers de Jim Sheridan, spécialiste en films chocs et émouvants qui s’est ici séparé de son acteur fétiche pour s’entourer d’un bien étrange casting : le toujours excellent et naturel Jack Gyllenhall qui s’apprète à entérrer sa carrière et sa crédibilité avec l’adaptation d’un jeu vidéo – ça n’annonce jamais rien de bon – produit par Disney – ça non plus -, la trop discrète Natalie Portman et Tobey McGuire qui fait rarement preuve de plus de charisme et de talent que bob l’éponge. L’histoire est simple et complètement raconter dans la bande annonce, cette d’un mari aimant laissant sa femme aux soins de son frère pour aller combattre en Afghanistan, annoncé mort et qui, à son retour du front après 3 mois de disparition ne parvient à combattre ses démons qu’en les assimilant à ceux qu’il aime.
La surprise de ce film vient de Tobey McGuire qui, de souvenir d’homme n’avait pas réussi à proposer quoi que ce soit du point de vu jeu d’acteur depuis son apparition dans Wonder Boys de Curtis Hanson. Il parvient à merveille à incarner ce personnage désincarné à la fois dur, violent et fragile, autant dans ses crises spectaculaires que dans ses silences et son regard détruit par la mort, la guerre et l’incapacité d’assumer ce que l’armée a fait de lui, ce regard dont on parle dans Full Metal Jacket, on le voit ici, mais c’est bien plus qu’un regard, c’est un corps entier qui, sans ses mouvements et ses plaies, est métamorphosé par la guerre. Le climax du film repose de manière surprenante dans une « baston de regard » extrêmement pesante que se livre Tobey McGuire et sa fille de 8 ans, la jeune Bailee Madison, troublante de réalisme dans son rôle. Pour une fois, et c’est rare, ce drame centré sur la famille et la psychologie ne coule pas en mélo, au contraire, tous les personnages rayonnent d’une force et d’une dignité pudique. Rien n’est gratuit, pas mêmes les explosions de colères de Tobey qui auraient pu sembler théâtrale si son calvaire en Afghanistan n’avait pas été porté, avec subtilité, à la connaissance des spectateurs. Le but du film n’est d’ailleurs pas de porté un jugement sur quoi que ce soit, ni sur la guerre, ni sur l’armée, si sur aucun des personnage, il s’agit d’un drame sur un homme déphasé qui ne parvient pas à se réintégrer à son milieu.
Jack Gyllenhaal fait comme d’habitude preuve d’un grand naturel dans ce rôle, parvenant sans problème à nous faire goder la gentillesse naturelle de cet ancien détenu (ça aurait été dur à gober de la part de n’importe qui d’autre je crois) et son alchimie avec son partenaire masculin fait que le titre du film n’est absolument pas usurper. Au milieu de ces deux frères, Natalie Portman apporte une nouvelle pierre à sa carrière en étant crédible dans ce rôle de jeune mère, femme forte et loin d’être naïve. La beauté de ce film réside dans le réalisme de chaque personnage et l’amour que leur porte le réalisateur. La famille a toujours été un sujet au centre de ses œuvres, il montre ici que personne n’a un rôle facile, du grand père aux enfants, mais que tout le monde doit jouer son rôle pour veiller à l'équilibre.
Mais là n’est pas le cœur du sujet du jour, je voulais par cette introduction rappeler que le seul moyen de réellement apprécier un film est d’aller le voir avec l’esprit le plus ouvert possible, pour se laisser surprendre, garder cette innocence toute enfantine et se laisser manipuler par les images. Hier donc, je suis allé au cinéma avec une très bonne amie dont la boulimie cinéphile provoque chez moi sérieux complexes et me font douter quant à mon implication dans ma passion, elle fréquente en effet les salles obscures avec la même fréquence que alcoolique fréquente les bars, et ce n’est pas une expression. Me voilà donc avec elle pour voir un film dont la bande annonce m’avait intrigué mais dont je ne savais rien, Brothers de Jim Sheridan, spécialiste en films chocs et émouvants qui s’est ici séparé de son acteur fétiche pour s’entourer d’un bien étrange casting : le toujours excellent et naturel Jack Gyllenhall qui s’apprète à entérrer sa carrière et sa crédibilité avec l’adaptation d’un jeu vidéo – ça n’annonce jamais rien de bon – produit par Disney – ça non plus -, la trop discrète Natalie Portman et Tobey McGuire qui fait rarement preuve de plus de charisme et de talent que bob l’éponge. L’histoire est simple et complètement raconter dans la bande annonce, cette d’un mari aimant laissant sa femme aux soins de son frère pour aller combattre en Afghanistan, annoncé mort et qui, à son retour du front après 3 mois de disparition ne parvient à combattre ses démons qu’en les assimilant à ceux qu’il aime.
La surprise de ce film vient de Tobey McGuire qui, de souvenir d’homme n’avait pas réussi à proposer quoi que ce soit du point de vu jeu d’acteur depuis son apparition dans Wonder Boys de Curtis Hanson. Il parvient à merveille à incarner ce personnage désincarné à la fois dur, violent et fragile, autant dans ses crises spectaculaires que dans ses silences et son regard détruit par la mort, la guerre et l’incapacité d’assumer ce que l’armée a fait de lui, ce regard dont on parle dans Full Metal Jacket, on le voit ici, mais c’est bien plus qu’un regard, c’est un corps entier qui, sans ses mouvements et ses plaies, est métamorphosé par la guerre. Le climax du film repose de manière surprenante dans une « baston de regard » extrêmement pesante que se livre Tobey McGuire et sa fille de 8 ans, la jeune Bailee Madison, troublante de réalisme dans son rôle. Pour une fois, et c’est rare, ce drame centré sur la famille et la psychologie ne coule pas en mélo, au contraire, tous les personnages rayonnent d’une force et d’une dignité pudique. Rien n’est gratuit, pas mêmes les explosions de colères de Tobey qui auraient pu sembler théâtrale si son calvaire en Afghanistan n’avait pas été porté, avec subtilité, à la connaissance des spectateurs. Le but du film n’est d’ailleurs pas de porté un jugement sur quoi que ce soit, ni sur la guerre, ni sur l’armée, si sur aucun des personnage, il s’agit d’un drame sur un homme déphasé qui ne parvient pas à se réintégrer à son milieu.Jack Gyllenhaal fait comme d’habitude preuve d’un grand naturel dans ce rôle, parvenant sans problème à nous faire goder la gentillesse naturelle de cet ancien détenu (ça aurait été dur à gober de la part de n’importe qui d’autre je crois) et son alchimie avec son partenaire masculin fait que le titre du film n’est absolument pas usurper. Au milieu de ces deux frères, Natalie Portman apporte une nouvelle pierre à sa carrière en étant crédible dans ce rôle de jeune mère, femme forte et loin d’être naïve. La beauté de ce film réside dans le réalisme de chaque personnage et l’amour que leur porte le réalisateur. La famille a toujours été un sujet au centre de ses œuvres, il montre ici que personne n’a un rôle facile, du grand père aux enfants, mais que tout le monde doit jouer son rôle pour veiller à l'équilibre.
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