La gratuité est un épineux sujet en terme d’art et de culture. Je ne m’engagerais pas ici dans le débat sur la libre circulation de la musique et des films car, de l’avis d’un de mes généreux professeurs suédois je n’ai pas un opinion digne d’intérêt sur le sujet, à en juger la note qu’il m’a attribué – alors que soit dit en passant, si j’avais centré mon papier sur Radiohead, qu’il porte haut dans son cœur malgré leurs maigres initiatives dans le domaine de la distribution gratuite, plutôt que sur Nine Inch Nails, qui eux ont réellement révolutionné l’industrie de la musique, j’aurais été bien plus généreusement noté. Non, je souhaite ici parler de la gratuité en terme de contenu, de sujet, la gratuité artistique comme exposition sans justification de situation ou personnages extrêmes dans le seul et unique but de faire réagir et mousser une certaine niche de la population particulièrement friande de la situation ou du type de personnages sus nommé. Ainsi, on entend souvent parler au cinéma de nudité gratuite ou de violence gratuite, certains genres s’en font même directement l’échos en choisissant une nomenclature ouvertement cynique comme le torture porn qui regroupe tout ces films ouvertement gore et sans scénario (Saw, Hostel…). Mais souvent, cette notion de gratuité est aussi rappelé comme une forme de censure implicite comme quand elle est venue injustement s’appliquer au sublime Martyrs de Pascal Laugier, dont j’ai déjà parlé précédemment, film auquel on peut délivrer de nombreuses critiques – pas moi parce que j’ai beaucoup aimé mais je suppose que des gens de mauvais goûts pourraient par exemple – mais en rien dire que la violence y est gratuite car le film est entièrement écrit autour de la justification de ces scènes.Quoi qu’il en soit, si violence, nudité et beaufitude tombe régulièrement sous le joug de cette qualification, de manière justifiée ou non, il est a noté qu’il est bien moins souvent signalé quand un film se complet dans un intellectualisme gratuit et surfait, et pourtant, il est de bien plus nombreux exemples de la sorte. Le dernier en date, je l’ai vu à l’occasion d’une séance en groupe, avec plusieurs amis tous issu de l’organisation d’un festival de cinéma, le Festival du Cinéma Européen de Lille, qui se déroule d’ailleurs en ce moment même à Lille pour sa 26ème édition, j’y reviendrais plus tard. Je n’introduit pas là « gratuitement » mes compagnons de visionnages, je signale seulement que ces gens connaissent et aime le cinéma comme le bon pain, mieux, ils sont cultivés, ouverts et particulièrement réceptifs aux films complexes et obscures. Nous voilà donc en quête d’un film digne d’assouvir notre appétit cinéphile sans tomber dans la cinéphagie. Un film sort potentiellement du lot, et de manière assez étrange, ce n’est pas Le Mac, mais A Single Man de Tom Ford, adulé par la critique internationale et couronné de récompenses prestigieuses un peu partout dans le monde. Annoncé comme un classique immédiat, ce film nous paraît le parfait compromis. Grave et sinistre erreur que nous avons fait là.
Je n’entrerais pas ici dans une critique méticuleuse du film car il n’en vaux pas la peine, je m’attarderais seulement sur la total gratuité du pseudo intelctualisme qui entour cette dernière collection de Tom Ford. Tout d’abord ce fau rythme lent, qui se veut contemplatif mais qui n’est qu’ennuyant. Ce scénario creux peuplé de dialogue pseudo intello sur la vie, la mort, le mensonge, l’homosexualité… qui me rappelait les poèmes prépubert que j’écrivais au collège – ce qui pourrait être mignon dans un film sur l’adolescence, mais qui est juste pathétique quand ils sont prononcés par un professeur de philosophie de 50 ans. Même l’homosexualité du personnage est gratuite, dans le sens où elle n’est absolument pas étudiée dans le film, juste là pour faire différent, faire border line sans l’être. Très vite, le film sombre dans une caricature de lui-même, collectionne les clichés et les métaphores tellement grosses qu’elles en perdent leur sens. On s’ennuie beaucoup, mais la forme soignée et l’application des acteurs à sur jouer et à avoir l’air extrêmement concerné par leur vie tout fois banale et normale semble vouloir dire « très cher spectateurs, votre somnolence durant cette projection n’est qu’une preuve de votre ignorance face à l’incommensurable importance de notre sujet, c’est un film sur l’homosexualité et le deuil, cela vous dépasse… » et les critiques qui rentrent dans le jeu… Et bien moi je dis stop à l’intellectualisme gratuit qui pourri nos écrans et allourdi nos paupières et surtout dissuade les spectateur d’aller voir les quelques films qui, dans la masse son réellement intelligents.
Si le sexe ou la violence traumatise la jeunesse – pas moi mais j’ai toujours été extrêmement viril – l’intellectualisme gratuit tue le cinéma et décrédibilise les critiques qui se roulent dedans comme les porcs dans leurs propres excréments. Je le dis haut et fort, A Single Man est un mauvais film, chiant et mal écrit qui rappelle à chaque plan que styliste et cinéaste sont deux fonctions différentes. Et pour en revenir à mon groupe de compagnons cinéphiles, la déception et la somnolence durant la scène ridicule à souhait de Julianne Moore était unanime.
1 mois que j'attends le prochain article.
RépondreSupprimerCa commence à faire beaucoup !! :p