Les fins d’année et qui plus est de décennies sont propices aux classements en tous genres. Cette manie est très intéressant quand on est Quentin Tarantino et qu’elle permet non seulement de mieux comprendre la variété de références qui peuplent ses œuvres mais aussi et surtout de s’apercevoir que le bonhomme n’a pas laissé au vestiaire son passé de gérant de vidéoclub cinéphage au possible et confirme son honnêteté, qu’on adhère ou pas à ses derniers choix de carrière.
En revanche, c’est beaucoup moins intéressant quand le classement en question sort des élucubrations geeko-pop culturesques d’un associable qui croit que son jugement malhabile intéresse quelqu’un d’autre que sa génitrice, son géniteur ayant depuis longtemps cessé de l’écouter. Vous comprendrez donc que je ne suis d’habitude pas d’humeur à officialiser mes top 10 annuels – que je fais cependant consciencieusement tous les ans dans mon coin, en bon cinéphile maniaque que je suis, après avec reclasser mes DVD selon un critère différent – et pourtant, un ami réalisateur belge dont la bonne volonté et le talent n’ont d’égal que sa passion pour le septième art m’a convaincu de passer le pas, avec quelques arguments bien emballés de compliments. Donc, en ce 13 février 2010, je vous présente, non sans émotions, mon classement des films de 2009, en toute subjectivité.
1 : Morse de Tomas Alfredson
Cette histoire de vampire, sombre et froide, se déroulant dans une Suède déprimante et enneigée est probablement l’un des films de vampires les plus aboutis de l’histoire du cinéma. L’histoire tout d’abord, un vampire multi centenaire enfermé dans le corps d’une enfant de 12 ans qui se lie d’amitié avec un enfant « de son âge » est les plus belles des portes ouvertes à tous les dérapages que le film évite avec une classe sans égale. L’actrice principale, Lina Leandersson, développe un jeu à la fois sombre, sobre et profond, parvenant, par un miracle qui m’échappe, à conféré à son personnage le regard d’une personne ayant traversé les siècles. Le film a aussi l’élégance de nous éviter une sempiternelle amourette de bas étage entre les deux héros et préfère se concentrer sur une description d’un douloureux contexte social et une réécriture du mite de l’ange gardien, le tout sans jamais renier les règle du film de genre et en nous délivrant un final d’une malsaine beauté. Assurément le plus beau film de l’année.
2 : Tetro de Francis Ford Coppola
Ce conte grec moderne, revisité par l’un des plus grand réalisateur de tous les temps, surprend par sa fraîcheur et sa capacité d’utiliser les différents formats offerts par le cinéma pour exprimer les émotions et enrichir son récit sans jamais être arrogant. Coppola nous sert une histoire sur la famille, le talent, la reconnaissance et le passage à l’âge adulte avec la même énergie et ambition que s’il s’agissait de son premier film, aidé dans sa tâche par deux acteurs masculins que tout oppose, Vincent Gallo, géni maudit, timide et égocentrique à la vie comme à l’écran et Alden Ehrenreich en jeune candide, frais et charismatique. Un duo gagnant qui permet, tout le long du film, de trouver un parfait équilibre. Coppola fait preuve de géni aussi en faisait le grand écart d’une scène à l’autre, de la comédie au drame, de la couleur au noir et blanc, de l’expérimental au classique… Un film aux multiples lectures, maîtrisé et élégant.
3 : Jusqu’en Enfer de Sam Raimi
Je ne m’étendrais pas sur ce film, construit comme un grand huit cinématographique, qui fleure bon le Sam Raimi de l’époque Evil Dead – je milite même activement auprès d’un groupe de prépubert pour officiellement reconnaître ce film comme le quatrième opus de la franchise. C’est drôle et jouissif, l’horreur y est distillé comme de la morphine, on sort de la salle avec le sourire aux lèvre et le cœur qui palpite. C’est un film simple et sans prétention, une sorte de doigts d’honneur aux torture-porns comme Saw et autre Hostel… Inutile de tomber dans le voyeurisme pour faire un bon film d’horreur, il suffit d’être malin, pervers, d’avoir un bon sens du slapstick et de toujours avoir en tête qu’il s’agit avant tout d’un divertissement. Après un Spider Man 3 très décevant, Sam Raimi nous offre un film en forme de lettre d’excuse à ses fans de la première heure, ça nous va droit au cœur.
4 : Inglorious Basterds de Quentin Tarantino
L’histoire réécrite par Tarantino, c’est un peu comme le lait revu et corrigé par Orange Mécanique, ça à l’air foutrement plus cool ! Tarantino, après deux films décevants – le Kill Bill 2 et son final digne d’une série B sur M6 et le bancal Death Proof qui, d’un hommage au Grindhouse, bascule en hommage masturbatoire à Tarantino lui-même – était attendu au tournant avec ce film, dont le casting original avait été annoncé juste après Kill Bill (et, si je me souviens bien, il nous avait balancé des Madsen, Rourke et Stallone en veux-tu en voilà). On avait peur, s’attaquer à l’histoire de manière décalée, qui plus est la très sensible période de la WW2, c’est même plus risqué, c’est carrément du suicide artistique, et pourtant, en dynamitant les préjugé et les attentes, Tarantino nous sert un film audacieux, intelligent et surprenant, s’amusant à inverser constamment les rôle et offre à ses acteurs toutes les possibilités de briller.
5 : (500) jours ensemble de Marc Webb

La comédie romantique n’est pas le genre le plus glorieux au cinéma, et délivrer un film marquant dans ce genre reviens à faire un blague carambar digne d’un pulitzer. Marc Webb – futur réalisateur du reboot de Spider man - relève le défi avec brio et livre un film frais, agréable et réjouissant, ne cédant jamais à la niaiserie et à la facilité en nous livrant une histoire d’amour qui fini mal du point de vue d’un homme moderne (c'est-à-dire fragile, geek et brun). La prouesse est largement facilité par un casting aux oignions avec le fringant Joseph Gordon Levitt et l’électrique Zooey Deschannel - dont les yeux justifient à eux seuls la vision du films. Sans apporter rien de nouveau au genre, si ce n’est sa structure et sa BO très pop rock in, le film est l’un des meilleurs divertissements de l’année.
6 : Watchmen de Zack Snyder
Adaptation ambitieuse et réussie de l’un des fleurons de la littérature Comics, Watchmen marque par sa beauté graphique, sa fidélité à l’œuvre originale et son refus d’en faire un produit hollywoodien. Le rythme est savoureusement lent, le ton nihiliste à souhait et les personnages merveilleusement incarnés. Coups de cœur pour Rorschach et le comédien.
7 : Les Beaux Gosses de Riad Sattouf
Ce film aurait pu s’appeler bienvenu dans l’âge ingrat si Todd Solondz n’avait pas déjà emprunter ce titre pour un autre de ses films. Riad Sattouf raconte l’adolecence comme il l’a vécu. Rarement comédie adolescente n’a été aussi tordante, on pleure de rire face aux errements de ces ados incarnés par un casting incroyable qui fait passer le film pour un documentaire. Une réalisation audacieuse, du choix des cadrage aux choix musicaux, permet de confirmé qu’il ne s’agit pas d’un simple coup de bol mais bel et bien d’un talent à suivre.
8 : Zombieland de Ruben Fleischer
Une comédie horrifique musclée servie par un casting haut de gamme, Woody Fucking Harrelson en tête et un scenario malin. Si l’on peu regretter un final en contre temps où l’humour laisse place à un héroïsme mal placé, le film est un bon moment, peuplé de références et de bonnes répliques, qui ressemble à une version américaine de Shaun of the Dead dans son ambition, sans cependant en avoir l’originalité ou l’humour anglais.
9 : Funny People de Judd Apatow
Judd Apatow est un homme triste déguisé en comique, et ce film est de manière évidente son plus personnel. En nous décrivant l’impossibilité pour les comiques de se poser autrement qu’en observateurs de la vie par leur obsession du bon mot, du bon gag, Apatow nous signe ici une œuvre en demi teinte, parfois drôle, souvent pathétique sur de vrais asociaux. C’est pas toujours très adroit mais ça change dans le bon sens du terme.
10 : OSS 117 Rio ne Répond Plus de Serges Hazanavicius

Une nouvelle aventure de l’agent secret le plus français du monde. Plutôt que de nous servir un réchauffé du premier dont on se serait d’ailleurs délecté, le réalisateur et son fidèle scénariste Jean François Halin réinvente le personnage pour en faire une caricature du lui-même. Les gags, aussi inégaux soient-ils, font mouche, Dujardin cabotine comme jamais, une comédie comme on aimerait en voir plus souvent.
11 : Observe and Report de Jody Hill
Ce sera le dernier film de ce classement et il se trouve ici même s’il n’est pas encore sorti en France et qu’il n’y sortira probablement jamais. Voilà un film qui prend le spectateur par revers, avec son emballage de bonne grosse comédie comme la bande annonce et le casting – Seth Rogen et Anna Faris en tête – le laissaient présageaient qui cache une critique pimentée et amer du rêve américain. Le Film est porté par la prestation tout en retenue de Seth Rogen qui donne forme et humanité à ce personnage violent et à la vision simplifiée du monde qui n’est pas sans rappeler le Bernie de Dupontel. Une réplique du film le résume « I thought it was going to be funny, but it’s actually sad ». Osé dans sa représentation du héros, Observe and Report ne fait aucune fausse note et navigue à vue à la frontière de la comédie lourde et le drame social. L’une des plus impressionnante réussite de la nouvelle génération de comique US, boudé par la critique et le publique, dont la France risque d’être privé. Du coup, je profite de ce classement pour en toucher un mot.
En revanche, c’est beaucoup moins intéressant quand le classement en question sort des élucubrations geeko-pop culturesques d’un associable qui croit que son jugement malhabile intéresse quelqu’un d’autre que sa génitrice, son géniteur ayant depuis longtemps cessé de l’écouter. Vous comprendrez donc que je ne suis d’habitude pas d’humeur à officialiser mes top 10 annuels – que je fais cependant consciencieusement tous les ans dans mon coin, en bon cinéphile maniaque que je suis, après avec reclasser mes DVD selon un critère différent – et pourtant, un ami réalisateur belge dont la bonne volonté et le talent n’ont d’égal que sa passion pour le septième art m’a convaincu de passer le pas, avec quelques arguments bien emballés de compliments. Donc, en ce 13 février 2010, je vous présente, non sans émotions, mon classement des films de 2009, en toute subjectivité.
1 : Morse de Tomas Alfredson
Cette histoire de vampire, sombre et froide, se déroulant dans une Suède déprimante et enneigée est probablement l’un des films de vampires les plus aboutis de l’histoire du cinéma. L’histoire tout d’abord, un vampire multi centenaire enfermé dans le corps d’une enfant de 12 ans qui se lie d’amitié avec un enfant « de son âge » est les plus belles des portes ouvertes à tous les dérapages que le film évite avec une classe sans égale. L’actrice principale, Lina Leandersson, développe un jeu à la fois sombre, sobre et profond, parvenant, par un miracle qui m’échappe, à conféré à son personnage le regard d’une personne ayant traversé les siècles. Le film a aussi l’élégance de nous éviter une sempiternelle amourette de bas étage entre les deux héros et préfère se concentrer sur une description d’un douloureux contexte social et une réécriture du mite de l’ange gardien, le tout sans jamais renier les règle du film de genre et en nous délivrant un final d’une malsaine beauté. Assurément le plus beau film de l’année.2 : Tetro de Francis Ford Coppola
Ce conte grec moderne, revisité par l’un des plus grand réalisateur de tous les temps, surprend par sa fraîcheur et sa capacité d’utiliser les différents formats offerts par le cinéma pour exprimer les émotions et enrichir son récit sans jamais être arrogant. Coppola nous sert une histoire sur la famille, le talent, la reconnaissance et le passage à l’âge adulte avec la même énergie et ambition que s’il s’agissait de son premier film, aidé dans sa tâche par deux acteurs masculins que tout oppose, Vincent Gallo, géni maudit, timide et égocentrique à la vie comme à l’écran et Alden Ehrenreich en jeune candide, frais et charismatique. Un duo gagnant qui permet, tout le long du film, de trouver un parfait équilibre. Coppola fait preuve de géni aussi en faisait le grand écart d’une scène à l’autre, de la comédie au drame, de la couleur au noir et blanc, de l’expérimental au classique… Un film aux multiples lectures, maîtrisé et élégant.3 : Jusqu’en Enfer de Sam Raimi
Je ne m’étendrais pas sur ce film, construit comme un grand huit cinématographique, qui fleure bon le Sam Raimi de l’époque Evil Dead – je milite même activement auprès d’un groupe de prépubert pour officiellement reconnaître ce film comme le quatrième opus de la franchise. C’est drôle et jouissif, l’horreur y est distillé comme de la morphine, on sort de la salle avec le sourire aux lèvre et le cœur qui palpite. C’est un film simple et sans prétention, une sorte de doigts d’honneur aux torture-porns comme Saw et autre Hostel… Inutile de tomber dans le voyeurisme pour faire un bon film d’horreur, il suffit d’être malin, pervers, d’avoir un bon sens du slapstick et de toujours avoir en tête qu’il s’agit avant tout d’un divertissement. Après un Spider Man 3 très décevant, Sam Raimi nous offre un film en forme de lettre d’excuse à ses fans de la première heure, ça nous va droit au cœur.4 : Inglorious Basterds de Quentin Tarantino
L’histoire réécrite par Tarantino, c’est un peu comme le lait revu et corrigé par Orange Mécanique, ça à l’air foutrement plus cool ! Tarantino, après deux films décevants – le Kill Bill 2 et son final digne d’une série B sur M6 et le bancal Death Proof qui, d’un hommage au Grindhouse, bascule en hommage masturbatoire à Tarantino lui-même – était attendu au tournant avec ce film, dont le casting original avait été annoncé juste après Kill Bill (et, si je me souviens bien, il nous avait balancé des Madsen, Rourke et Stallone en veux-tu en voilà). On avait peur, s’attaquer à l’histoire de manière décalée, qui plus est la très sensible période de la WW2, c’est même plus risqué, c’est carrément du suicide artistique, et pourtant, en dynamitant les préjugé et les attentes, Tarantino nous sert un film audacieux, intelligent et surprenant, s’amusant à inverser constamment les rôle et offre à ses acteurs toutes les possibilités de briller.5 : (500) jours ensemble de Marc Webb

La comédie romantique n’est pas le genre le plus glorieux au cinéma, et délivrer un film marquant dans ce genre reviens à faire un blague carambar digne d’un pulitzer. Marc Webb – futur réalisateur du reboot de Spider man - relève le défi avec brio et livre un film frais, agréable et réjouissant, ne cédant jamais à la niaiserie et à la facilité en nous livrant une histoire d’amour qui fini mal du point de vue d’un homme moderne (c'est-à-dire fragile, geek et brun). La prouesse est largement facilité par un casting aux oignions avec le fringant Joseph Gordon Levitt et l’électrique Zooey Deschannel - dont les yeux justifient à eux seuls la vision du films. Sans apporter rien de nouveau au genre, si ce n’est sa structure et sa BO très pop rock in, le film est l’un des meilleurs divertissements de l’année.
6 : Watchmen de Zack Snyder
Adaptation ambitieuse et réussie de l’un des fleurons de la littérature Comics, Watchmen marque par sa beauté graphique, sa fidélité à l’œuvre originale et son refus d’en faire un produit hollywoodien. Le rythme est savoureusement lent, le ton nihiliste à souhait et les personnages merveilleusement incarnés. Coups de cœur pour Rorschach et le comédien.7 : Les Beaux Gosses de Riad Sattouf
Ce film aurait pu s’appeler bienvenu dans l’âge ingrat si Todd Solondz n’avait pas déjà emprunter ce titre pour un autre de ses films. Riad Sattouf raconte l’adolecence comme il l’a vécu. Rarement comédie adolescente n’a été aussi tordante, on pleure de rire face aux errements de ces ados incarnés par un casting incroyable qui fait passer le film pour un documentaire. Une réalisation audacieuse, du choix des cadrage aux choix musicaux, permet de confirmé qu’il ne s’agit pas d’un simple coup de bol mais bel et bien d’un talent à suivre.8 : Zombieland de Ruben Fleischer
Une comédie horrifique musclée servie par un casting haut de gamme, Woody Fucking Harrelson en tête et un scenario malin. Si l’on peu regretter un final en contre temps où l’humour laisse place à un héroïsme mal placé, le film est un bon moment, peuplé de références et de bonnes répliques, qui ressemble à une version américaine de Shaun of the Dead dans son ambition, sans cependant en avoir l’originalité ou l’humour anglais.9 : Funny People de Judd Apatow
Judd Apatow est un homme triste déguisé en comique, et ce film est de manière évidente son plus personnel. En nous décrivant l’impossibilité pour les comiques de se poser autrement qu’en observateurs de la vie par leur obsession du bon mot, du bon gag, Apatow nous signe ici une œuvre en demi teinte, parfois drôle, souvent pathétique sur de vrais asociaux. C’est pas toujours très adroit mais ça change dans le bon sens du terme.10 : OSS 117 Rio ne Répond Plus de Serges Hazanavicius

Une nouvelle aventure de l’agent secret le plus français du monde. Plutôt que de nous servir un réchauffé du premier dont on se serait d’ailleurs délecté, le réalisateur et son fidèle scénariste Jean François Halin réinvente le personnage pour en faire une caricature du lui-même. Les gags, aussi inégaux soient-ils, font mouche, Dujardin cabotine comme jamais, une comédie comme on aimerait en voir plus souvent.
11 : Observe and Report de Jody Hill
Ce sera le dernier film de ce classement et il se trouve ici même s’il n’est pas encore sorti en France et qu’il n’y sortira probablement jamais. Voilà un film qui prend le spectateur par revers, avec son emballage de bonne grosse comédie comme la bande annonce et le casting – Seth Rogen et Anna Faris en tête – le laissaient présageaient qui cache une critique pimentée et amer du rêve américain. Le Film est porté par la prestation tout en retenue de Seth Rogen qui donne forme et humanité à ce personnage violent et à la vision simplifiée du monde qui n’est pas sans rappeler le Bernie de Dupontel. Une réplique du film le résume « I thought it was going to be funny, but it’s actually sad ». Osé dans sa représentation du héros, Observe and Report ne fait aucune fausse note et navigue à vue à la frontière de la comédie lourde et le drame social. L’une des plus impressionnante réussite de la nouvelle génération de comique US, boudé par la critique et le publique, dont la France risque d’être privé. Du coup, je profite de ce classement pour en toucher un mot.
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